No story à l'Élysée et à Matignon ?

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Mardi dernier, après le fail de Jean-Marc Ayrault sur les 35 heures, le Figaro explique dans un article : « ce qui a été banni de l »Élysée et de Matignon, c »est le storytelling, cette méthode anglo-saxonne pour bâtir en séquences un récit autour de l »action des dirigeants. » Et, de manière non partisane, en expose l »aubaine pour la droite et les conséquences pour la gauche : « Pour l »heure, cela présente surtout un inconvénient pour la gauche puisque, désertant le champ du récit, elle laisse à l »opposition le soin de raconter elle-même le quinquennat de François Hollande. C »est ainsi que la droite a pu tranquillement installer l »idée de l »inaction des socialistes aux commandes, puis de l »inexpérience des dirigeants avant de glisser vers la dangerosité de leur politique pour le pays. »

Ce No story de l »Élysée et de Matignon est-il juste une posture de rupture avec la communication du président et du gouvernement précédent ? Ou est-il réellement un choix effectif ?

Une posture de rupture

S »il s »agit d »une posture de rupture, soit. Evidemment en tant que praticien du storytelling, je ne peux que regretter, et un peu m »agacer, que cette approche soit jeté en pâture. Je comprends toutefois que l »usage sarkozyste ait conduit à désigner le storytelling comme un mal.

Au-delà, je m »interroge. Une posture de rupture fonctionne si une alternative est proposée… et qu »elle se révèle supérieure ! Or dans la situation présente, l »accumulation de ratés laisse penser que l »alternative – pas explicité – n »est guère plus probante, voire peut-être même moins.

Un choix effectif

S »il s »agit d »un choix effectif, il est surprenant. Pierre Moscovici, directeur de campagne du candidat François Hollande, déclarait :  » Ce n’est pas une proposition qui nous fera gagner en 2012. C’est, comme on dit, le récit, l’histoire, la vision, que nous proposons aux français. Et cette histoire, moi, c’est celle que je lis dans la volonté de redresser un pays en déclin, de lui redonner des perspectives collectives.« 

http://www.dailymotion.com/video/xi1plr
La phrase citée ci-dessus se trouve à 3″30 de la vidéo

Il est également regrettable car François Hollande avait fait un excellent usage du storytelling dans sa campagne. Pourquoi ne pas poursuivre ?

No story no fans

Dans un cas comme dans l »autre – posture de rupture ou choix effectif -, je suis perplexe. Je pense au leitmotiv de Raf Stevens, un collègue storyteller belge : No story no fans. Même s »il utilise cette phrase-clé pour parler à des entreprises, la dégringolade de la popularité de François Hollande et Jean-Marc Ayrault dans l »opinion me la remet en mémoire.

A moins que le Figaro ne se trompe. Ce serait la meilleure fin possible de ce billet pour François Hollande. Mais alors, où est la story ?

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