Seconde salve d’affiches électorales, législatives après les présidentielles. Et bien plus intéressantes que celles des élections présidentielles.
Habituellement, elles sont plus personnelles donnant naturellement lieu a des exemples cocasses, largement relayés sur le web (je vous ferais donc grâce ici des moqueries sur l’apparence et le nom des candidats). Cette année, les dispositifs nationaux se généralisent, si bien que sur 4 affiches qui ont attiré mon oeil (indépendamment de toute analyse des contenus politiques des partis et des qualités des candidats concernés) , 3 relèvent de cette catégorie.
Ma préférée (et la seule qui ne relève pas d’un dispositif national). Une approche originale et percutante avec une forme qui porte un message de fond. En outre, l’astuce du logo placé dans les mains derrière le dos est bien vu, permettant de signer l’affiche malgré le parti pris.
Toutefois, je doute de l’efficacité. En liant une circonscription et un député, l’élection législative personnifie le rapport entre le candidat et les électeurs. Vouloir l’escamoter est cohérent par rapport à la logique de la fonction de député, mais cela constitue une faiblesse pour le rapport affectif à tisser avec les cibles.
Un exemple intéressant de stratégie indirecte. Il est peu vraisemblable que des candidats de Solidarité et Progrès soient élus. Les législatives, dans la continuité des présidentielles, sont donc utilisées pour promouvoir ce parti, son leader et ses propositions (et en cas de score au-delà de 1% obtenir des financements publics).
L’affiche met donc en avant un programme, ce qui est rare. Celui-ci est résumé en 3 propositions-clés, une synthèse plutôt efficace. La forme est également intéressante : 3 infographies, une innovation dans l’air du temps, mais absente habituellement des affiches. Néanmoins, les trois propositions infographiées sont assez techniques pour le grand public et ne font pas apparaître le bénéfice concret pour l’électeur, ce qui limite leur portée.
Une affiche dont les bandeaux du haut et du bas me laissent perplexe. En haut, “la gauche qui aime la France”. En creux, cela signifie que la gauche des autres partis n’aime pas la France ? Un argument un peu nauséeux emprunté… à l’UMP ! En bas, “majorité présidentielle”. Ah non, en regardant d’un peu plus près “MRC, la force républicaine de la (en petit) majorité présidentielle (en gros)”. Un stratagème vraiment limite susceptible de créer de la confusion chez l’électeur. Je suis surpris que les commissions de propagande aient validé ceci.
Deux bandeaux qui s’inscrivent assez peu dans les valeurs morales revendiquées par Jean-Pierre Chevènement. L’objectif financier semble avoir primé, quitte à grapiller à tout prix des voix au parti socialiste.
Et pour terminer, une affiche qui invite à ne faire confiance à aucune affiche. Succulent. Ceci n’est pas une pipe comme dirait René...



